
En 2025, 114 000 étudiants de nationalité française suivaient leur cursus dans d’autres États (un nombre nettement sous-estimé, vu que rien n’oblige à le faire savoir à l’administration française) et l’enseignement supérieur français accueillait 445 000 étudiants venus d’ailleurs.

Parmi eux, 28 % viennent d’Afrique-du Nord ou du Proche-Orient, 25 % d’Afrique subsaharienne, le reste étant partagé entre l’Europe, l’Amérique et l’Asie-Océanie.

L’immense majorité des étudiants souffrent de conditions matérielles difficiles, mais les étudiants étrangers venant des ex-colonies de l’impérialisme français subissent en outre la sélection « Campus France » et le plan raciste nommé par antiphrase « Bienvenue en France » qui autorisent les universités à multiplier les frais d’inscription par quinze. De plus en plus, les conseils d’université auxquelles participent les directions syndicales de travailleurs et d’étudiants, appliquent ces frais. Ils font payer l’austérité, aujourd’hui aux étudiants étrangers extracommunautaires, demain à tous les étudiants. Lorsqu’ils peuvent venir étudier en France, ce sont eux qui subissent le plus la précarité. Seuls 2 % à 3 % des étudiants non européens bénéficient d’une bourse. La Fage note que 60 % des bénéficiaires des « épiceries solidaires » sont étrangers. L’Unef relève qu’avec les frais d’inscription, sans les bourses, la différence du cout de la vie entre un étudiant français et étranger est de 14 %. Ils doivent renouveler leur titre de séjour auprès des préfectures xénophobes qui contrôlent le plus souvent les notes et l’assiduité… alors qu’ils travaillent souvent à côté pour survivre.
En 2019, lorsque le gouvernement Macron-Philippe avait mis en place la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, les bureaucraties syndicales avaient refusé d’organiser le combat de tous les étudiants et de tous les travailleurs contre la mesure. Les cogestionnaires FSU, CFDT, CGT, Sud, Unsa, Fage, UE, Unef, LPL … avaient prétendu que les conseils d’université pourraient s’y opposer. Cela s’est révélé fallacieux, comme d’habitude.
Une attaque antisociale qui n’est pas contrée est toujours suivie d’une autre : le gouvernement envisage, avec l’aide de LR et du RN, de supprimer les APL pour les étudiants étrangers. Le 8 janvier, la version du Sénat du projet de budget est de nouveau examinée par le parlement. Celle-ci contient dans son article 67 la suppression des APL pour les étudiants étrangers extracommunautaires non boursiers. Si le projet de budget est adopté, ce sont 300 000 étudiants étrangers qui seraient exclus du droit aux APL.
Les directions syndicales se font concurrence pour les postes, mais refusent de se battre pour la régularisation de tous nos camarades sans-papiers, laissant ce travail aux réseaux RUSF et aux militants locaux. Elles n’organisent aucune campagne contre la répression policière subie par les étudiants sans-papiers. Les partis « réformistes » à qui elles sont liées (LFI, PS, PCF…) réduisent le combat au parlement où les partis bourgeois sont majoritaires, tout en propageant dans les masses le poison du chauvinisme.
Assez de divisions et de diversions. Les syndicats doivent participer à toutes les luttes des étudiants et travailleurs étrangers, en premier lieu sans-papiers et des sans facs. Ils doivent rompre avec la cogestionet réaliser l’unité contre :
- Aucune suppression d’APL ! Indexation des APL sur les salaires ! Retrait des projets de budget ! Abrogation du dispositif xénophobe « Bienvenue en France » !
- Gratuité des études pour tous ! Suppression de la CVEC ! Abrogation de toutes les lois de sélection ! Suppression de Campus France ! Entreprises privées, hors des facs ! Abrogation de toutes les lois de privatisation ! Expropriation des « universités privées », à commencer par celle de Maréchal-Le Pen !
- Défense des Crous ! Aucun service du Crous assuré par des entreprises privées ! Contrôle des Crous par leurs travailleurs et les étudiants ! Repas gratuits pour tous dans tous les restos U matin, midi et soir en quantité et qualité suffisantes ! Logements universitaires gratuits pour tous sous l’égide unique des Crous ! Expropriation immédiate de toutes les résidences universitaires privées ! Allocation d’études pour tous !
- Ouverture des frontières ! Liberté pour les étudiants et étrangers d’étudier, de circuler et de s’installer en France !
- Régularisation de tous les étudiants et prolétaires sans-papiers ! Égalité des droits sans restriction, notamment dans l’enseignement supérieur ! Droit au redoublement et à la réorientation !
Étudiants et travailleurs de l’enseignement supérieur et des Crous, dans les syndicats et dans les assemblées générales, organisons-nous, décidons par nous-mêmes ! Face aux flics et aux nervis fascistes dans les facs, assez de répression, comités d’autodéfense ! Ne restons pas isolés, centralisons-nous dans une coordination nationale étudiante élue et révocable ! Préparons avec les travailleurs des facs et des Crous le combat contre le gouvernement, la grève générale jusqu’à satisfaction !
